Le rapport 2025 de l’AI Now Institute esquisse des modalités pour reprendre le contrôle sur les déploiements de l’IA et renverser le pouvoir des grands acteurs de l’IA. Rien de moins !
Encourager les élèves à un usage responsable de l’IA semble plus facile à dire qu’à faire. Notamment parce que l’IA place la déqualification au coeur même de l’apprentissage. Derrière la question morale de la triche, il faut surtout observer le malaise social à l’oeuvre. L’IA n’est certainement pas le grand égalisateur qu’on pense.
L’IA générative est en train de transformer en profondeur le monde de l’éducation, où les élèves l’utilisent massivement pour faire leurs devoirs. Entre dénis et illusions, comment s’adapter ? Faut-il s’adapter ?
Après avoir transformé le code, les laboratoires IA s’attaquent aux autres professions. Dans un texte viral et controversé publié sur X, l’entrepreneur Matt Shumer tire la sonnette d’alarme. Nous le traduisons et le contextualisons à la lumière des avancées les plus récentes.
Une étude récente concernant l'utilisation de l'IA par les étudiant·es.
« La proportion d'étudiants utilisant des outils d'IA générative tels que ChatGPT pour leurs évaluations est passée de 53 % l'année dernière à 88 % cette année. »
« La proportion d'étudiants déclarant utiliser un outil d'IA est passée de 66 % l'année dernière à 92 % cette année. »
Dans son dernier essai, le sociologue Juan Sebastian Carbonell démontre que la montée en puissance de l’intelligence artificielle entraîne une « déqualification » et une « précarisation » des travailleurs dans de nombreux secteurs d’activité.
« […] l’intelligence artificielle tend à « simplifi[er], standardis[er] ou parcellis[er] » des métiers, indépendamment du niveau de qualification exigé pour les exercer »
Dans son livre Un taylorisme augmenté. Critique de l’intelligence artificielle paru aux éditions Amsterdam le 5 septembre, le sociologue Juan Sebastián Carbonell appelle à résister à l’emprise de l’IA, cet « outil de dégradation du travail ». Entretien.
Les entreprises des Big Tech qui travaillent sur les IA génératives ont tout à gagner de considérer ces dernières comme des outils. Or, nous savons depuis longtemps que la technique n'est pas neutre. Et pourtant, le sujet revient comme un marronnier : il est toujours renouvelé par ceux qui ont un intérêt à réduire la technique à ses aspects purement utilitaires. Les IA génératives ne relèvent pas uniquement de l’outillage fonctionnel, mais participent à la reconfiguration des structures sociales et des subjectivités contemporaines. Elles doivent être pensées comme des systèmes techniques complexes, produits par un faisceau de déterminations économiques, énergétiques, géopolitiques et culturelles, et non comme de simples extensions de la main humaine.
Olivier Lefebvre · Inéluctable, l'IA ? Discutable en tout cas : comme tout système technique, son adoption fait changer la société. Analyse.
ChatGPT induit des psychoses à certain·es utilisateurices via ses réponses.
À travers des réponses renforçant des comportements psychotiques, certain·es utilisateurices de ChatGPT développent des psychoses et des délires complotistes.
OpenAI, l'entreprise derrière ChatGPT, a d'ailleurs dû annuler une mise à jour de ChatGPT-4o qui était trop flatteuse envers l'utilisateurice.
En anglais.
L'introduction des IA dans une organisation même réalisée de manière "raisonnée" ou "responsable" posent un tas de problèmes. Il y a un effet cliquet : après l'introduction d'une nouvelle technologie, il est quasi-impossible de revenir en arrière. Au contraire, petit à petit, le terrain s'érode et les limites sont à chaque fois repoussées. Or, il est plus qu'urgent de résister le plus possible.
Un dossier de Basta! sur le coût environnemental (et social) de l'IA.
La chercheuse Magalie Ochs revient sur le danger des biais et des stéréotypes qui infusent partout dans les intelligences artificielles. Elle donne également des pistes pour casser ce « cercle vicieux ». Les biais sont malheureusement liés aux intelligences artificielles. Elles vont les ingurgiter puis les recracher aux humains, avec des conséquences (même de manière inconsciente) sur leurs comportements. Cela va générer de nouvelles données, qui vont être utilisées pour entrainer des IA, etc. Un cercle vicieux qu’il faut briser.
L’utopie algorithmique des puissants est la dystopie algorithmique des démunis.
L’IA générative n’est pas tant une rupture qu’une continuité, explique le politologue Henry Farrell. Elle va produire surtout des déploiements ennuyeux et techniques permettant de fluidifier les organisations. Une société de la synthèse, qui va renforcer la cohérence plus que l’analyse.
Inspiré par le « modèle » niçois, le maire de Vernon expérimente depuis bientôt un an l’Intelligence artificielle pour verbaliser les auteurs de dépôts sauvages. Il entend désormais étendre l’usage de l’IA pour automatiser d’autres tâches.
Comment savoir ce qui est vrai ou pas à l’heure de l’IA ? Informaticienne et philosophe, Aïda Elamrani travaille sur la conscience artificielle et l’éthique de l’intelligence artificielle au sein de l’institut Jean Nicod – département d’études cognitives de l’ENS. Elle prend la parole dans le cadre de sa participation à la 3ème édition du festival de science et fiction Les Mycéliades, qui a lieu dans 75 villes de France du 1 er au 16 février 2025.
Pour améliorer leurs candidatures, se préparer à des entretiens ou des «photos professionnelles», 77 % des chômeurs interrogés dans une enquête publiée ce jeudi 23 janvier par l’observatoire de l’IA et l’emploi avouent utiliser l'outil.
Deux chercheurs avancent que l'explosion de l'IA générative et notre familiarité croissante avec leurs chatbots ouvrent la voie à un nouveau marché de collecte et d'analyse de nos « intentions ». Ils redoutent que cela puisse influencer et biaiser l'accès à l'information, la concurrence libre et non faussée, et jusqu'aux élections.